Le livre " L'HOMME des LUMIERES SECRETES"



Les extraits que vous allez trouver, (j'en ajoute 1 par semaine...)
1 - table des matières
2 - prologue
3- Entre Olt, Cousanne et ouradou
4- dialogue page 35 et s.
5 - au sujet de saint Augustin, p 85

1 - table des matières

- Du même auteur
- Mercis
- Avertissement
- 0 - Prologue
- 1 - Entre Olt Coussane et Oradou
- 2 - Histoire, légende et souvenirs
- 3 - Rodez
- 4 - Au nom du Père
- 5 - La fin des humanités
- 6 - L'envol
- 7 - 1er séjour à Rome, naissance du jansénisme
- 8 - De Rome à Rome
- 9 - Au coeur de l'Eglise contre le jkansénisme
- 10 Le provincial dans un imbroglio éditorial
- 11 Confesseur de roi
- 12 Pour une confession manquée
- 13 L'affrontement
- 14 Après la tempête
- 15 La paix clémentine ou la joie des dupes
- 16 François ANNAT
- 17 Epilogue
- L'oeuvre missionnaire de la 1ère Compagnie
- Arbre généalogique des Arnauld
- Du clergé et de quelques ordres
- De la liberté au XVIIème siècle
- Espaces thérapeutiques, saints guérisseurs
- Les écrits de François ANNAT
- Bibliographie
- Lexique
- Trouver les faits relatifs à une année précise
- Tables des matières
- L'auteur



2 - PROLOGUE
L'état du monde à la naissance de François ANNAT

Quelques références


Trois étapes de la coexistence des pouvopirs respectifs des papes et des chefs d'Etats, accompagnées de trois observations, aident à mieux imaginer ce que pouvaient être l'Europe et la France des XVI et XVIIème siècles que chevauche François Annat. Elles me semblent en permettre une approche plus significative que la brutalité des faits cachant souvent la subtilité des situations.

Trois étape

Pour donner un sens autant que pour expliquer un environnement parfois effrayant et aux conséquences extrêmes pour les hommes, le religieux s'est très vite imposé. Les meneurs des différents groupes humains ont appris à composer avec les prêtres.
- Depuis un ou deux millénaires avant Jésus Christ, on attendait le Messie à partir duquel l'Eglise catholique a su devenir universelle. D'abord persécutée puis religion d'empire, elle sera dispensatrice de légitimité du pouvoir par le sacres des rois et des empereurs. Le responsable de cette Eglise supervisait bientôt l'ordre du monde dont les princes assuraient la gestion temporelle.
- Les relations entre la France et le chef de la chrétienté se négocièrent plus fermement dès qu'un Philippe Auguste demanda une compensation financière pour sa participation militaire à la défense des Lieux Saints. Un peu plus tard Charles VII, trop souvent considéré comme un petit roi, en accord avec le clergé de France, imposait au pape la fameuse "pragmatique sanction de Bourges", qui limitait les prérogatives du souverain pontife dans le royaume.
- Enfin François 1er obtint par concordat un pouvoir discrétionnaire sur l'accès aux grades universitaires et la nomination aux sièges abbatiaux et épiscopaux.

L'Université (création de l'Eglise) et le Parlement, naturellement hostiles à un trop grand pouvoir pontifical ou royal dont ils dépendaient, tantaient de freiner l'application de cet accord, mais devaient finalement s'y soumettre devant les prémices d'une monarchie absolue. Comme ce gallicanisme n'était, bien entendu, pas contre la foi catholique, ces institutions soutinrent la répression du protestantisme par le roi. Mais leur résistance à tous les absolutismes devenait le noeud de bien des intrigues et alliances parfois surprenantes, selon les intérêts à défendre et les pouvoirs à juguler...




3 - ENTRE OLT, COUSSANE et OURADOU premier chapitre

Les échos colportés de la guerre des trois Henri, plus que le bruit des combats, ont marqués les gens d'Estaing.
Les catholiques convaincus trouvaient que Henri III, qui avait régné jusqu'en 1589, était trop conciliant avec les protestants. Aussi n'hésitaient-ils pas à s'opposer au souverain les armes à la main, sous le commandement d'Henri de Guise à la tête de la Ligue. Les réformés, commandés par Henri de Navarre guerroyaient, selon le cas, contre le roi, ou contre la Ligue ou bien contre les deux.
Chacun ici ne veut plus se souvenir du triste jour où une bande de huguenots parvenus au pied du château, y deposèrent nuitamment une dizaine de tonneaux. Au petit matin, ils sommèrent les occupants d'ouvrir les portes sous la menace de faire exploser les barils remplis de poudre. On s'exécuta aussi tôt pour s'apercevoir enfin que les petites barriques étaient remplies de sable ! L'aventure, plus singulière que meurtrière, amusa beaucoup Henri de Navarre qui l'estima "le plus merveillable dessein qu'on eût exécuté depuis les guerres civiles!"
Au-delà de l'anecdote, les affaires n'étaient pas simples; cédant à la persuasion du duc de Nemours et sous l'insistance du Parlement de Toulouse, le vicomte Jean III d'Estaing, "un des meilleurs capitaines de son temps", embrassa le parti de la Ligue contre le roi de Navarre en 1583 et ne se soumit à Henri IV qu'en 1595. Le nouveau souverain ne l'en reconnu pas moins comme parent dans une très obligeante lettre qu'il lui fit tenir de Lyon il y a trois ans passés.
Depuis, le roi Henri et Sully ne cessent d'oeuvrer à la difficile coexistence entre catholiques et protestants...

Ce matin là, à la sortie de la grand-messe d'Estaing, le brouillard s'est dissipé. Le ciel est bleu, le soleil de début mai ...

4 - dialogue entre Jean III d'Estaing, M. de Bouges et Jean Annat

"J'ai grand mal à louer en tout point mon royal parent, Dieu m'est témoin, mais le roi est le roi que diable!"
Le vicomte, ce disant semble observer les toits des maisons du bourg. Le silence souligne sa perplexité, M. de Bouges le rompt:
"Cela fait trente  six ans que nous combattons les réformés et les édits n'ont rien changé..."
Jean III se retourne vers Annat :
"Ma famille a dressé à Notre Dame la plus belle des flèches de ses cathédrales et me voici plus que jamais dévoué à mon prince qui, dans sa politique et contre Dieu, fait de l'hérétique son égal sujet!"
Annat reste prudent :
"Qu'en dit votre frère Antoine, l'archidiacre?
- S'il était de quelque avis qui comptât, il serait évêque! Qu'il prie pour nous et que Dieu l'entende! mais vous-même Annat ?
-Le huguenot ne peut que protester...
-Comment cela ? le voici l'égal sujet d'un même roi de droit divin !
-Qu'à demi Messire: Il ne peut suivre office qu'en villes ou lieux désignés. Je crains fort en vérité que vous ayez encore à combattre. Car enfin, cet édit est le fruit d'une trop grande patience pour l'une et l'autre des parties. Dieu garde notre roi Henri !
- Qu'est-ce encore, Annat ? ...
[...]

En sortant du château, Jean croise deux chiens qui courent après une poule qui s'enfuit maladroitement en battant follement des ailes. Il décide de descendre la Priousse et la place pour prendre par la rue basse et remonter le Trascastel. Des maisons déjà fermées s'échappent quelques bruits ménagers, parfois un ou deux éclats de voix. En bas du Trascastel, le plus jeune de la Momonde pissait en essayant sans doute d'atteindre la Coussane.
"Le bonsoir maître Annat!"
-Le bonsoir petit !"
Jean ne peut s'empêcher de sourire; en voici un au moins que l'édit de Nantes ne soucie guère. Un jour, c'est sûr, il pissera d'ici dans le ruisseau. Les garces alors n'auront qu'à l''espérer !
Le ciel est clair, demain il fera beau.
Marie ...

5 - Au sujet de saint Augustin

Le jeune Augustin a passé cette petite année d'oisiveté, entre les prières et les conseils maternels, avec les amis de son âge, à la découverte de leur jeune liberté. Son père, "ayant aperçu aux bains les signes de sa puberté et le vêtement frémissant de son adolescence" en avait informé joyeusement son épouse...
[...]
Ah! Carthage "chaudière des criminelles amours !" Augustin excelle dans ses études. Premier à l'école du rétheur, il s'exerce aussi à aimer. Le jeune homme consacre ses jours aux livres et aux belles manières, car il importe aussi de briller pour cheminer plus sûrement vers quelques bonnes situations. Se nuits sont aux plaisirs parce que c'est agréable et que l'on peut aussi s'y faire des relations utiles. Le théâtre le ravit. Il se lie bientôt avec une femme modeste qui lui donne un fils. Tout lui permet d'espérer raisonnablement devenir prefet ou même gouverneur de province.
[...]
Là, il retrouve un ami de son âge dont la mort rapide l'affecte profondément, "Tout ce qui n'était pas lui m'était mal venu et odieux, sauf gémir et pleurer".
[...]
Après la catéchèse suivie en compagnie de son fils et d'un ami, ils sont baptisés ensemble lors de la veillée pascale de 387.
[...]
 L'évêque Augustin devient un infatigable pasteur et un prédicateur de grand renom, très investi dans ses charges de terrain.
[...]
Quand Aurelius Augustinus meurt, en août 430, Hippone est assiégé par les Vendales depuis trois mois. Ils s'emparent de la ville quelques mois plus tard, mais ne détruisent ni le tombeau ni la bibliothèque d'Augustin...